Le texte
Il est devenu banal de s’en indigner : dans les musées, on ne regarde plus les œuvres, on les photographie. Le visiteur lève son téléphone, cadre, s’éloigne, et l’image rejoint des centaines d’autres qu’il ne rouvrira jamais. Certains établissements en ont tiré la conclusion qui semblait s’imposer : interdire la photographie dans leurs salles.
Le constat est juste ; le remède l’est beaucoup moins. Car le téléphone n’est pas la cause de ce regard pressé : il n’en est que le symptôme. Le visiteur qui photographie tout est d’abord un visiteur qui craint de manquer quelque chose. On lui a promis quarante chefs-d’œuvre en deux heures ; il les collectionne comme on coche une liste. Privé de son appareil, il ne regardera pas davantage : il passera seulement plus vite.
Si les musées veulent qu’on regarde, qu’ils cessent de vendre l’exhaustivité. Des parcours plus courts, des salles où l’on peut s’asseoir, des œuvres moins nombreuses mais mieux expliquées : voilà ce qui ralentit un visiteur. L’interdiction, elle, ne change que le décor de sa hâte.
Laquelle de ces propositions résume le mieux la position de l’auteur ?
- A Photographier les œuvres empêche de les regarder : les musées ont raison de l’interdire.
- B La hâte des visiteurs tient à la visite que promettent les musées : c’est elle qu’il faut changer, plutôt que d’interdire les photos. Bonne réponse
- C Les visiteurs regardent aujourd’hui les œuvres avec autant d’attention qu’autrefois.
- D Les musées devraient exposer moins d’œuvres pour réduire leurs coûts.
- E Le téléphone n’a aucun effet sur la manière dont on visite un musée. Votre réponse