Que mesure la Compréhension de textes au Tage Mage ?
La FNEGE la présente comme l’épreuve de « Compréhension d’un texte écrit » : elle évalue, en temps limité, la compétence de lecture dans ses différents aspects. Une bonne lecture, précise-t-elle, ne se limite pas à une réception passive : elle comporte un travail actif d’appropriation — analyse, synthèse, approche critique.
Parmi ce que l’épreuve teste, elle nomme : repérer les informations ; distinguer les faits des opinions qui les concernent ; regrouper les informations d’une même chaîne argumentative ; évaluer la posture de l’auteur face à son sujet ; synthétiser l’essentiel du texte sans le trahir. On y lit donc un texte à deux niveaux : ce qu’il dit, et ce qu’il défend. Les sous-tests (nouvel onglet)
Dans le score
Avec l’Expression, la Compréhension de textes forme le domaine Aptitudes verbales : 30 questions, noté sur 60. Le score sur 600 est la moyenne des trois domaines, multipliée par dix. Comprendre son score (nouvel onglet)
Le calcul du score, dans le guide du Tage MageComment se présentent les questions de Compréhension de textes ?
Quinze questions, chacune avec cinq propositions dont une seule est correcte : un texte à lire, une question sur ce texte, cinq réponses. Présentation générale (nouvel onglet)
Combien de textes ? Le livret du candidat de la FNEGE en décrit quatre, numérotés, chacun suivi d’une série de questions : sur une information isolée, sur une idée principale, ou sur la position de l’auteur. Livret du candidat (nouvel onglet)
Aucun document n’est permis : la FNEGE interdit le dictionnaire comme tout autre document, et le cahier de test sert de brouillon. Tout se joue sur ce que le texte écrit. Conseils (nouvel onglet)
- Un textequi informe, et qui argumente
- Une questionsur ce que le texte dit, ou sur ce qu’il défend
- Le brouillonle cahier de test, sans dictionnaire ni autre document
- Cinq propositionsune seule est correcte
Compréhension de textes ou Expression ?
Compréhension de textes
Lire ce que dit le texte.
Un texte à comprendre : ses informations, ses arguments, la position de son auteur, l’essentiel à en tirer.
Expression
Juger comment c’est dit.
Des messages à corriger, à reformuler ou à prolonger, d’après la FNEGE : l’usage, le sens, la cohérence.
La fiche ExpressionUn exemple de question de Compréhension de textes, corrigé
Un texte et une question écrits par Upsilar, au format du sous-test. Lisez, choisissez une réponse, puis vérifiez : la correction suit la méthode présentée juste après.
Le texte
Il est devenu banal de s’en indigner : dans les musées, on ne regarde plus les œuvres, on les photographie. Le visiteur lève son téléphone, cadre, s’éloigne, et l’image rejoint des centaines d’autres qu’il ne rouvrira jamais. Certains établissements en ont tiré la conclusion qui semblait s’imposer : interdire la photographie dans leurs salles.
Le constat est juste ; le remède l’est beaucoup moins. Car le téléphone n’est pas la cause de ce regard pressé : il n’en est que le symptôme. Le visiteur qui photographie tout est d’abord un visiteur qui craint de manquer quelque chose. On lui a promis quarante chefs-d’œuvre en deux heures ; il les collectionne comme on coche une liste. Privé de son appareil, il ne regardera pas davantage : il passera seulement plus vite.
Si les musées veulent qu’on regarde, qu’ils cessent de vendre l’exhaustivité. Des parcours plus courts, des salles où l’on peut s’asseoir, des œuvres moins nombreuses mais mieux expliquées : voilà ce qui ralentit un visiteur. L’interdiction, elle, ne change que le décor de sa hâte.
Choisissez une réponse.
La correction, pas à pas
Bonne réponse : B — la hâte tient à la visite promise, pas au téléphone.
La méthode, appliquée
- Repérer la thèse. L’auteur accorde le constat (« Le constat est juste »), puis rejette le remède : le téléphone n’est que le symptôme d’une hâte que crée la promesse d’exhaustivité. Sa thèse tient dans le dernier paragraphe : changer la visite, pas interdire les photos.
- Revenir au passage. B s’appuie sur deux phrases du texte : « qu’ils cessent de vendre l’exhaustivité » et « L’interdiction, elle, ne change que le décor de sa hâte ».
- Éliminer, puis choisir. A prête à l’auteur le remède qu’il rejette ; C contredit le constat qu’il accepte ; D parle de coûts, dont le texte ne dit rien ; E force son propos. Reste B.
Le piège
E, « aucun effet » : le texte dit que le téléphone n’est pas la cause du regard pressé, pas qu’il ne change rien — il en est le symptôme, le « décor » de la hâte. Une nuance devenue absolue n’est plus la position de l’auteur.
À retenir
Une proposition se justifie par une phrase du texte ; un mot absolu que le texte n’autorise pas suffit à l’écarter.
Quelle méthode pour la Compréhension de textes ?
Trois temps, dans cet ordre : la méthode que suit le programme Upsilar pour la Compréhension de textes.
Repérer la thèse, puis ce que l’auteur concède.
Une première lecture sert la structure : ce que l’auteur défend, ce qu’il accorde, ce qu’il rejette. Les mots de liaison — mais, car, or, donc — la portent : ils relient les informations d’une même chaîne argumentative, dont la FNEGE teste le regroupement.
Revenir au passage qui justifie la réponse.
Chaque proposition se vérifie dans le texte, pas dans ce que l’on sait ou pense du sujet. Retrouvez la phrase qui la fonde : sans phrase, pas de réponse.
Éliminer ce que le texte ne dit pas, puis choisir.
Une proposition tombe si elle contredit le texte, si elle porte sur ce qu’il ne traite pas, ou si elle force son propos. Parmi celles qui restent, retenez la plus proche du texte, même si sa formulation n’est pas parfaite.
À la correction, ne vous contentez pas de retrouver la bonne lettre. Pour chaque proposition écartée, relevez le mot ou le lien qui la rend fausse et le passage qui permet de le démontrer. Sur l’exemple des musées, voici trois erreurs de lecture différentes : elles ne se corrigent pas de la même façon.
Le piège à éviter
Forcer le propos de l’auteur. Une nuance devient une certitude, une réserve devient un rejet : la proposition reprend les mots du texte, mais pas sa mesure. C’est le leurre le plus difficile à voir, parce qu’on y reconnaît le texte.
- Qui défend cette idée ?La réponse A attribue à l’auteur le remède que certains musées ont choisi. Repérez à qui appartient chaque opinion avant de la retenir.
- Où est la preuve ?La réponse D ajoute un motif économique. Le texte propose moins d’œuvres pour changer la visite ; il ne parle pas de réduire des coûts.
- Quelle est la portée ?La réponse E dit « aucun effet ». L’auteur conteste une cause, sans soutenir cette absence totale d’effet. Une formulation plus forte que le texte doit être justifiée, pas supposée.
Comment appliquer la méthode à deux autres textes ?
Deux textes et questions supplémentaires écrits par Upsilar, sur des situations fictives. Le premier demande de contrôler ce qu’un chiffre permet d’affirmer ; le second, de relier un exemple à la position de l’auteur. Pour chacun, justifiez votre choix avant d’ouvrir la correction.
Texte original · Une consultation locale
Avant de transformer une ancienne cour de service en jardin, une commune a ouvert une consultation de six semaines. Les habitants pouvaient déposer leurs remarques sur un site ou dans une boîte installée à la bibliothèque. À la clôture, le rapport faisait état de 312 contributions en ligne et de 148 contributions sur papier. Plusieurs habitants y voyaient la preuve que le site avait mobilisé davantage de personnes que la boîte.
Le rapport précisait pourtant que ces nombres désignaient des messages. Chacun pouvait intervenir plusieurs fois et utiliser les deux moyens de participation. Aucun identifiant commun ne permettait de rapprocher les messages déposés par une même personne. La mairie avait compté les contributions, pas les participants.
Les remarques devaient ensuite être regroupées par sujet, quel que soit leur support : accès au jardin, entretien, activités proposées. Le conseil municipal examinerait les arguments et les contraintes techniques avant de choisir un aménagement. La consultation n’était pas présentée comme un vote dont l’option la plus souvent citée serait automatiquement retenue.
Choisissez une réponse.
La correction, pas à pas
Bonne réponse : C — le comptage porte sur les messages, pas sur les personnes.
La méthode, appliquée
- Définir ce qui est compté. Le deuxième paragraphe précise l’unité : les contributions sont des messages. Une personne peut en déposer plusieurs et aucun identifiant commun ne permet de regrouper ses participations.
- Écarter A. 312 dépasse 148, mais ces nombres ne comptent pas des personnes. A transforme une différence de messages en différence de participants, précisément l’interprétation que le texte invite à corriger.
- Écarter B. « Pouvait intervenir plusieurs fois » décrit une possibilité. Le texte ne dit pas que tous les participants l’ont utilisée. « Chaque » et « au moins deux » ajoutent une information.
- Retenir C. Sans regroupement des messages d’une même personne, le total ne fournit pas le nombre exact de personnes distinctes. C conserve cette limite sans affirmer que tous les messages seraient des doublons.
- Écarter D. Le dernier paragraphe prévoit un regroupement par sujet « quel que soit leur support ». Il ne prévoit donc pas d’exclure le papier.
- Écarter E. Le texte distingue explicitement consultation et vote automatique. Le conseil examinera arguments et contraintes ; E remplace cette procédure par une règle que le passage écarte.
Le piège
A paraît découler d’une comparaison numérique exacte, mais elle change l’objet comparé. Compter davantage de messages ne prouve pas qu’il y a davantage de personnes.
À retenir
Avant de tirer une conclusion d’un chiffre, vérifiez son unité et la portée des mots : message ou personne, possibilité ou fait, certains ou tous.
Texte original · Ce que montre un catalogue
Mettre des archives en ligne change incontestablement leur accès. Un lecteur éloigné peut désormais consulter une lettre sans se déplacer, et une recherche par nom permet de retrouver rapidement des documents dispersés. Il serait absurde de minimiser ce progrès. Mais l’écran peut aussi donner l’impression trompeuse que ce qu’il affiche représente tout ce qui mérite d’être consulté.
Imaginons un service qui numérise d’abord ses photographies les plus souvent demandées, parce qu’il doit répondre aux besoins immédiats des lecteurs. Ces images deviennent plus faciles à trouver et sont donc davantage consultées. Si leur fréquentation guide ensuite les nouveaux choix, les mêmes sujets risquent de rester prioritaires, tandis que les dossiers non numérisés demeurent peu visibles. La demande observée reflète alors aussi l’offre déjà accessible.
Ce mécanisme n’oblige pas à renoncer à la numérisation. Il invite à montrer comment les choix ont été faits, à signaler les ensembles encore absents et à ménager des voies de découverte qui ne reproduisent pas seulement les recherches les plus fréquentes. Un catalogue numérique rend un fonds visible sans rendre sa sélection neutre.
Choisissez une réponse.
La correction, pas à pas
Bonne réponse : A — l’exemple décrit un effet de renforcement entre visibilité et demande.
La méthode, appliquée
- Repérer le rôle du deuxième paragraphe. Le premier paragraphe reconnaît un progrès puis formule une réserve. L’exemple montre comment cette réserve peut se produire : ce qui est disponible est davantage consulté, et ces consultations peuvent guider les choix suivants.
- Retenir A. A restitue cette boucle et garde la modalité « peut ». Le texte décrit un risque lié à une méthode de sélection, pas une conséquence inévitable de toute numérisation.
- Écarter B. Le texte ne compare pas l’intérêt pour les photographies à celui de tous les autres documents. B transforme le support choisi pour l’exemple en classement général des préférences.
- Écarter C. Le premier paragraphe donne au contraire l’exemple d’une consultation sans déplacement. L’exemple des photographies ne mesure aucun nombre de trajets.
- Écarter D. Le motif indiqué est de répondre aux demandes immédiates. Aucun projet de dissimulation ni classement des documents par importance n’est établi ; D prête une intention aux services.
- Écarter E. Le dernier paragraphe refuse explicitement cette conclusion. L’auteur propose de rendre les choix lisibles et de diversifier la découverte, tout en conservant la numérisation.
Le piège
E confond une réserve sur la manière de sélectionner avec un rejet de l’outil. L’auteur reconnaît les avantages de la numérisation et cherche à améliorer son usage.
À retenir
Pour comprendre la fonction d’un exemple, reliez-le à ce qui le précède et à la conclusion. Son sujet concret n’est pas nécessairement la thèse du texte.
Combien de temps par question en Compréhension de textes ?
En moyenne, par question
1 min 20 s
20 minutes ÷ 15 questions, d’après les chiffres de la FNEGE
Une moyenne, pas une règle : la lecture se prend sur ces vingt minutes, comme les réponses. La FNEGE conseille de lire chaque question dans son intégralité et, si l’on ne sait pas répondre, de passer à la suivante. Conseils (nouvel onglet)
Erreurs et cases vides
Aucune pénalité : une réponse fausse et une case vide coûtent la même chose. Passer une question n’oblige pas à laisser sa case vide. Comprendre son score (nouvel onglet)
Barème du Tage Mage : faut-il répondre à tout ?Quelles notions revoir pour la Compréhension de textes ?
La FNEGE décrit la lecture attendue : repérer, distinguer, regrouper, évaluer, synthétiser. Le programme Upsilar de la Compréhension de textes la découpe en 5 chapitres, 12 thèmes et 102 notions, chacune reliée à celles qu’elle suppose. Les sous-tests (nouvel onglet)
Chapitre 1 · 13 notions
Cadre de l’épreuve et contrat de preuve
- Format et périmètre actuels
- Contrat de preuve textuelle
Chapitre 2 · 40 notions
Lecture active et compréhension locale
- Cartographie du passage
- Cohésion, portée et lexique
- Repérage et statut des informations
Chapitre 3 · 22 notions
Analyse argumentative, voix et posture
- Thèse et architecture argumentative
- Voix, posture et intention
Chapitre 4 · 15 notions
Synthèse, reformulation et formats de question
- Synthèse globale
- Reformulation fidèle
- Formats attestés
Chapitre 5 · 12 notions
Résolution du QCM et gestion des vingt minutes
- Sélection de la meilleure réponse
- Pacing et décision finale
Relevé dans le programme Upsilar le 27 septembre 2026.
Questions fréquentes sur la Compréhension de textes
Une réponse plausible peut-elle être fausse ?
Oui. Une idée peut être raisonnable sur le sujet et ne pas être établie par ce texte. La méthode Upsilar consiste à retrouver un appui textuel précis, puis à vérifier que la proposition conserve le point de vue et la portée de cet appui.
Que noter après un exercice de compréhension ?
Notez la question posée, le passage décisif et la raison pour laquelle votre choix ne convenait pas : opinion attribuée à la mauvaise personne, information ajoutée, contradiction ou nuance amplifiée. Une bonne réponse trouvée sans justification mérite aussi une reprise : la lettre correcte ne prouve pas que la lecture était maîtrisée.
Combien de textes faut-il lire ?
Quatre, d’après le livret du candidat de la FNEGE : quatre textes numérotés, chacun suivi d’une série de questions, pour quinze questions en vingt minutes. Son règlement précise que les consignes particulières à chaque épreuve figurent sur le cahier de test.
Faut-il connaître le sujet des textes ?
La FNEGE présente le Tage Mage comme un test d’aptitudes, et non de connaissances. En Compréhension de textes, ce qu’elle évalue est la lecture : repérer les informations, distinguer les faits des opinions, synthétiser l’essentiel sans trahir le texte.
Combien de temps par question ?
Quinze questions en vingt minutes : 1 min 20 s par question en moyenne, lecture comprise. La Compréhension de textes est la première des six sous-épreuves.
Quelle différence avec l’Expression ?
Les deux forment le domaine Aptitudes verbales. La Compréhension de textes porte sur ce qu’un texte dit et défend ; l’Expression, d’après la FNEGE, sur la façon de dire : corriger des maladresses, reformuler un message, percevoir la cohérence d’un discours. La fiche Expression