Que doit-on retrouver dans le passage ?
La FNEGE inclut le repérage d’informations et la fidélité de la synthèse dans la compréhension. Pour les travailler, cet atelier Upsilar utilise des textes entièrement originaux. Les trois étiquettes « écrit », « déduit » et « ajouté » constituent notre outil de lecture, pas une classification officielle des questions.
Une information explicite peut être reformulée avec d’autres mots. Une déduction relie des éléments du texte sans apporter une nouvelle prémisse. Un ajout demande une connaissance extérieure, une cause supposée ou une généralisation que le passage ne fournit pas. Cet ajout peut être vrai dans le monde : cela ne suffit pas à le rendre justifié ici.
Pour chaque proposition, relevez son sujet, son degré de certitude et son périmètre. « Certaines personnes » ne devient pas « les habitants ». Une observation sur six semaines ne décrit pas nécessairement toute l’année. Cherchez ensuite la phrase ou l’enchaînement de phrases qui autorise précisément la réponse.
Que peut-on déduire d’une fréquentation nouvelle ?
Lisez le passage sans chercher à expliquer les comportements par votre expérience des bibliothèques. La correction s’appuie uniquement sur les informations données.
Texte original : « Pendant six semaines, une bibliothèque a fermé à 19 heures au lieu de 18 heures le mardi. Des visiteurs ont utilisé ce créneau supplémentaire. Parmi eux, certains déclarent être venus auparavant le mardi avant 18 heures. Le nombre total de prêts du mardi est resté stable. Chaque visiteur peut emprunter plusieurs livres ou n’en emprunter aucun. » Quelle conclusion est justifiée ?
Choisissez une réponse.
La correction, pas à pas
La stabilité des prêts ne permet pas, à elle seule, de conclure que le nombre de visiteurs est stable.
La méthode, appliquée
- La stabilité des prêts est une information explicite. Le texte précise aussi que le nombre de livres empruntés par visiteur peut varier : il ne fixe pas de correspondance entre prêts et visites.
- On en déduit qu’un total de prêts inchangé ne détermine pas le nombre de visiteurs. Par exemple, 20 prêts pourraient correspondre à 10 personnes empruntant chacune deux livres ou à 20 personnes empruntant chacune un livre. Ces cas illustrent la déduction ; ce ne sont pas des effectifs rapportés par le texte.
- Le texte contredit même la première proposition, puisque certains visiteurs du créneau étaient déjà venus le mardi avant 18 heures, et il ne permet pas d’attribuer une préférence générale. Une fréquentation après 18 heures n’est pas, à elle seule, une déclaration de préférence.
Jusqu’où une mesure autorise-t-elle une conclusion ?
Le second texte demande de conserver les limites d’une observation. Une proposition prudente peut être la plus précise lorsqu’elle épouse exactement les conditions de mesure.
Texte original : « Deux bâtiments comparables ont été observés durant trois après-midi ensoleillés. La surface du toit végétalisé était moins chaude que celle du toit non végétalisé. L’étude n’a mesuré ni la température intérieure ni la consommation énergétique. » Quelle affirmation découle du passage ?
Choisissez une réponse.
La correction, pas à pas
Dans les conditions observées, la surface du toit végétalisé était moins chaude.
La méthode, appliquée
- Cette réponse conserve l’objet mesuré, la surface du toit, et limite la conclusion aux observations décrites.
- L’absence de mesure intérieure interdit de conclure que l’intérieur était plus frais. Elle ne permet pas davantage de conclure qu’il ne l’était pas.
- Les factures, l’hiver et la permanence de l’effet ne sont pas documentés. Ils exigeraient des informations supplémentaires.
Le piège
Traiter une absence d’information comme une réfutation
« Le texte ne dit pas que X est vrai » ne signifie pas « le texte dit que X est faux ». Dans le second exercice, l’effet énergétique reste indéterminé. Le passage exclut une conclusion sur cet effet, pas son existence.
Méfiez-vous aussi des propositions qui commencent fidèlement puis ajoutent une explication. « Les prêts sont stables parce que les visiteurs empruntent moins » contient une donnée du premier texte et une cause inventée. Une seule partie non soutenue peut rendre l’ensemble incorrect.
Comment apprendre d’une surinterprétation ?
Dans la correction, soulignez le mot qui dépasse le texte : « tous », « toujours », « nécessairement », « grâce à ». Puis réécrivez la proposition dans une forme que le passage autorise. Vous transformez ainsi une erreur vague de lecture en une différence précise de portée ou de causalité.
Quand deux réponses paraissent proches, comparez leur engagement. Celle qui affirme davantage doit disposer de davantage de preuves. Choisissez en fonction du texte et de la consigne, sans récompenser automatiquement la formulation la plus longue ou la plus convaincante.
À retenir
- Une réponse doit rester dans le périmètre des preuves du texte.
- Ce qui n’est pas établi n’est pas forcément faux.
- Repérez le mot qui ajoute une généralisation, une certitude ou une cause.